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Inutile de demander à
Bayol l'heure qu'il est, pour cet artiste né sous le soleil de Provence, il
est toujours l'heure de peindre !
La tête perdue dans
les nuages de pigments
naturels, poudre de craies, encres diaphanes, il n'a de cesse d'unir la toile
à son inspiration et Seyssaud, Gleizes non moins que Chabaud ne s'y sont
trompés en reconnaissant en lui, alors qu'il n'avait que quinze ans,
l'un des leurs.
Des encouragements d'une telle
trempe auraient ployé l'incertitude
la plus coriace et nourri sans doute chez certains quelque
vanité, mais Joseph Bayol, d'une rare humilité, n'a d'autre vocation que se
livrer corps et âme dans l'aventure picturale.
Infatigable
croqueur de
paysage, silhouettes et visages au gré de lointains voyages, il ne
céderait pas, pour tout l'or du monde, le rendez-vous de ses pastels avec la
Petite Crau de son enfance, qui permet d'embrasser les
bruissantes Alpilles, les contreforts du Ventoux, les Cévennes et, par temps
clair, l'esquisse bleue de la mer.
Le tracé de
l'artiste, à la fois
précis et libre comme un poème en prose, s'y régale de
bouquets de chênes
verts, de genévriers, vignes et lavandins, et voilà que cet homme au naturel si
réservé devient intarissable sur le papier.
Loquace aussi se font
ses pinceaux, lorsque lui prend l'envie d'éterniser sur la toile l'empreinte
des saisons.
Jamais, cependant, l'inspiration ne sera aussi troublante,
les coloris expressifs et les compositions palpitantes de vie qu'à
travers l'évocation d'objets familiers, qui bien au-delà de l'anecdote mettent à
découvert une exquise sensibilité.
Florence
Douzieth
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